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Franchise universitaire et entrave à l’action militante

Nous apprenons aujourd’hui que la police est intervenue hier sur le domaine universitaire du Saulcy. La conséquence de cette intervention est que des étudiants et étudiantes qui militaient pour inciter à l’action pendant la journée du 10 septembre en ont été empêchés. Un drapeau palestinien a été saisi. Selon le témoignage des étudiants, la justification avancée par la police serait le contexte international sensible.
 
Nous ne savons pas encore tout de cette affaire, mais ce que nous en savons déjà est fort inquiétant et amène des questions légitimes, dans un contexte politique loin d’être neutre.
 
La présence de la police sur le domaine universitaire est strictement encadrée par la loi. Sauf trouble grave, la police ne peut intervenir de son propre chef sans que la présidence de l’Université, responsable de la sécurité sur le campus, n’ait demandé son concours. Ces demandes doivent rester exceptionnelles et ne sauraient être banalisées, sauf à faire litière des franchises universitaires.
 
Que faisaient donc les policiers sur ce campus ? Certes le Campus du Saulcy possède une partie publique (les voies de circulation du tram notamment), mais les images semblent montrer que le stand des jeunes militants n’était pas sur cette partie. Si c’est bien le cas, on espère que la présidence rappellera la police a ses obligations et limites d’interventions.
 
Par ailleurs, la police ne peut pas saisir un drapeau palestinien parce que cela ne lui plaît pas. Il faut qu’il y ait une atteinte grave à l’ordre public. Rien, dans cette vidéo, ne le laisse présager. Il y a donc potentiellement deux abus d’autorité commis par la police : intervention sur un périmètre non autorisé et saisie du matériel militant en dehors de toute menace caractérisée à l’ordre public. Cette intervention policière est donc manifestement  motivée par le seul fait d’empêcher l’action militante de jeunes étudiants. Cela nécessite une réaction rapide et ferme de la présidente de l’université.
 
Enfin, le fait que des policiers français puissent penser servir le droit en supprimant des regards le drapeau palestinien est particulièrement préoccupant.
 
Car que signifie, aujourd’hui, brandir un drapeau palestinien ? Aujourd’hui le drapeau palestinien n’est plus seulement le symbole d’un peuple qui, depuis des années subit la négation de ses droits humains individuels et collectifs. Il est devenu celui de toutes celles, de tous ceux qui croient que le droit international, malgré toutes ses imperfections, doit être respecté et défendu. La seule alternative à ce droit, c’est la loi du plus fort. En tant qu’universitaires, nous ne pouvons l’accepter.

Communiqué de la section SNESUP-FSU de l’université de Lorraine
Le 9 septembre 2025