|

Séminaire Espoir : Comment la bureaucratisation néolibérale nourrit les empêchements au travail des enseignant·es-chercheur·es

Dominique Glayman

Professeur des universités émérite à l’université Paris-Saclay

Jeudi 5 mars 2026 à 17h
Amphi 042, CLSH Nancy

Depuis une quarantaine d’années, les professionnels de l’ESR ont connu des modifications notables de leur situation. La logique et les modes de gestion liés à l’émergence du Nouveau management public se sont traduits par l’imposition de normes budgétaires strictes et de critères « d’excellence » qui ont contribué à transformer le travail d’enseignement et de recherche des enseignants·es-chercheur·es (EC) et à dégrader leurs conditions d’exercice.

Subissant à la fois un alourdissement (en termes quantitatifs) et un appauvrissement (en termes qualitatifs) de leur travail, les EC connaissent un malaise assez profond. Leur moral et leur engagement sont atteints par une dispersion des tâches, des surcharges temporelles (manque de temps permanent), mentales (accumulation des sujets et des préoccupations) et cognitives (changements récurrents de registres d’activité) et des débordements du travail sur la vie personnelle et familiale. Ces derniers atteignent de façon plus marquée les enseignantes-chercheures confrontées au partage inégal des tâches domestiques et familiales qu’elles subissent comme la majorité des femmes et à une division sexuelle du travail qui perdure dans l’ESR.

Outre les effets sur leur santé psychique et physique, beaucoup d’EC en viennent à s’interroger sur le sens de leur activité dans le contexte d’un engrenage qui les pousse à faire toujours plus et toujours moins bien, à connaître un « travail empêché » (au sens d’Yves Clot) et des risques de déprofessionnalisation. Au-delà des souffrances individuelles au travail, il y a là une réalité structurelle qui doit être liée au processus de néo-libéralisation de l’ESR, assez proche de celui qu’a connu le système hospitalier public.

Voir sur le site Espoir à la page des séminaires 2025-26.